Bonnieet Clyde deviennent aussitĂ´t des lĂ©gendes. Sur le lieu mĂŞme de leur mort certains tentent de voler des bouts de vĂŞtements comme des reliques. lls seront plus de 20 000 Ă assister Ă
Linfamie de Bonnie et Clyde, un duo hors-la-loi, a perduré, mais l’histoire a en grande partie oublié les hommes qui ont mis fin à leur crime et à leur assassinat. Alors, qui étaient Frank Hamer et Maney Gault? Hamer était un tireur d'élite rapide . Frank Hamer est né le 17 mars 1884 à Fairview, au Texas, deuxième fils d'un forgeron. Il a commencé très tôt à pratiquer l
Lhistoire d'amour de ces deux hors-la-loi a été portée au cinéma par Arthur Penn. Photo: Faye Dunaway et Warren Beatty dans Bonnie and Clyde. Bonnie and Clyde, Arthur
Inspiréde l’histoire d’amour « Glamour » du célèbre couple de criminels mais également de leur propre histoire tout aussi puissante. Ce projet spécial réalisé en peu de temps se veut explosif, actuel et émotionnel. Bonnie and Clyde est actuellement disponible sur les plateformes numériques que voici : iTunes et Google Play.
Lescript fait peur à la plupart des maisons de production, notamment à cause de sa vision d’un amour à trois entre Bonnie, Clyde et leur chauffeur C.W., amour qui est à l’époque au
nG7P.
"Je t’aime… moi non plus" avec Jane Birkin Assurément, l’un des plus mythiques duos de la chanson française ! D’autant que Serge Gainsbourg l’a interprété avec deux icônes du grand écran. Car avant le succès de "Je t’aime… moi non plus" avec Jane Birkin, c’est avec Brigitte Bardot qu’il chante ce titre en 1967. Il faut dire que l’actrice lui passe commande elle lui demande de lui composer "la plus belle chanson d’amour qu’il puisse imaginer". Serge Gainsbourg s’exécute. Le lendemain de l’enregistrement, la bande est diffusée à la radio et Gunter Sachs, mari de Brigitte Bardot, n’apprécie pas. Menacé de poursuites, Serge Gainsbourg ne fera plus diffuser ce duo jusqu’à ce que Brigitte Bardot accepte une publication en 1986. Quelques mois après l’épisode, Serge Gainsbourg rencontre Jane Birkin sur le tournage du film "Slogan" et c’est le début d’une grande histoire d’amour. Il lui propose, sur les conseils de Mireille Darc, de chanter à ses côtés "Je t’aime… moi non plus" en lieu et place de Brigitte Bardot. Elle chantera sa partie un octave plus haut. Ensemble, ils enregistrent dans le même studio parisien que la version initiale. Le titre sort en février 1969 et ne passe pas inaperçu. S’il défraie la chronique en France, la chanson a un retentissement international et se classe numéro 1 des ventes au Royaume-Uni. L’album intitulé "Jane Birkin & Serge Gainsbourg" contient également le fameux duo "69 année érotique". Une collaboration qui rencontra un nouveau succès en 1971 avec "Ballade de Melody Nelson", extrait de l'album-concept "Histoire de Melody Nelson". "Dieu fumeur de havanes" avec Catherine Deneuve En 1980, Jane Birkin et Serge Gainsbourg se séparent. Claude Berri lui propose alors un nouveau projet la composition de la bande originale du film qu’il prépare "Je vous aime". Au casting, Catherine Deneuve incarne une parolière qui écrit "Dieu fumeur de havanes". Une chanson qui sera interprétée par Serge Gainsbourg et l’actrice, implorant très près du micro "Aime-moi, nom de Dieu". Le titre remporte un franc succès, restant sept semaines au classement des meilleures ventes au début de l’année 1981. Les rumeurs vont bon train sur une éventuelle liaison entre les deux artistes, malgré les démentis. Serge Gainsbourg composera d’ailleurs un album pour la star française la même année. "Bonnie and Clyde" avec Brigitte Bardot Parmi les muses de Serge Gainsbourg, impossible de ne pas citer Brigitte Bardot. Il vit en 1967 une passion courte, mais intense avec l’actrice star. Il écrit pour elle "Harley Davidson" et l’invite sur "Comic Strip". Inspiré par le film "Bonnie et Clyde" sorti en 1967 narrant l’histoire du dangereux couple Bonnie Parker et Clyde Barrow, Serge Gainsbourg compose l’album "Bonnie and Clyde" qui s’ouvre par le duo du même nom avec Brigitte Bardot en janvier 1968. "Charlotte for ever" avec Charlotte Gainsbourg Fruit de l’histoire d’amour entre Jane Birkin et Serge Gainsbourg, Charlotte Gainsbourg naît en 1971. 15 ans plus tard, il lui compose un album "Charlotte for ever". Le disque commence par le duo père-fille dont la musique est tirée d’un arrangement de l’"Adantino pour piano" d’Aram Khatchatourian. L’album compte également le duo "Plus doux avec moi". Mais ce n’est pas le premier duo entre Serge et Charlotte Gainsbourg. En 1984, il prépare son nouvel opus "Love on the beat" et compose "Lemon Incest" sur l’amour d’un père pour sa fille, jouant sur la ressemblance phonétique entre "un zeste de citron" et "inceste de citron", d’où le titre. "Vieille canaille" avec Eddy Mitchell En 1979, Serge Gainsbourg s’envole pour la Jamaïque et enregistre un disque intégralement reggae avec les musiciens et choristes de Bob Marley, dont le titre "Vieille canaille", adaptation de "You Rascal You", classique américain sorti en 1929. En 1986, Serge Gainsbourg enregistre une nouvelle version. Le reggae laisse place à un style jazz big band. Mais surtout, il invite le crooner français Eddy Mitchell pour un nouveau duo entre deux étoiles de la chanson française. Le titre sort en 45 tours et s’écoule à 75 000 exemplaires avant d’être intégré à l’album "Eddy Paris Mitchell". Un titre également utilisé pour la tournée et le disque réunissant Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc. "Love on the Beat" avec Bambou En 1980, il rencontre Bambou qui devient rapidement sa nouvelle muse. Elle joue le mannequin pour Serge Gainsbourg qui réalise en 1981 le livre de photos intitulé "Bambou et les poupées". Trois ans plus tard, Serge Gainsbourg écrit un nouveau titre "Love on the beat" qui donnera son nom à l’album en préparation. Sur ce nouveau succès aux sonorités funk, on peut entendre pour la première fois la voix de Bambou. La dernière compagne de Serge Gainsbourg partagera également le micro avec leur fils, Lulu Gainsbourg, en 2001 pour la chanson "Ne dis rien".
Article publié dans Philosophie Magazine [En ligne] 17/07/2018. Nouvelle version publiée dans Foi & Vie, 2021 6, p. 56-59 en ligne sur le site de la revue ICI. Nouvelle version présentée au colloque “Georges Bataille 1897-1962 Pour une critique du management et des sciences de gestion” – 9 et 10 mars 2022, “Le jeu avec le je” Joueurs est le premier long-métrage de Marie Monge, présenté au festival de Cannes 2018 à la quinzaine des réalisateurs. L’histoire semble linéaire. Ella Stacy Martin travaille comme serveuse dans le bistro de son père on apprendra que sa mère est morte et qu’elle possède la moitié des parts du commerce. Une vie simple et réglée, animée par le seul mouvement des entrées et sorties du bistro, des demandes des clients et de la vie des cuisiniers. On ne sait rien d’autre, en particulier sur sa vie privée ou sentimentale. Un jour elle voit arriver Abel Tahar Rahim, qui vient pour postuler sur un emploi de serveur. On ne sait rien de lui non plus, sauf qu’il aurait occupé un poste similaire au restaurant de l’hôtel Meurice. Entre Ella et Abel, dès la première rencontre, quelque chose se passe, quelque chose passe, quelque chose qui va conduire Ella à quitter sa vie réglée et Abel à être déstabilisé par Ella. Des sensations intenses bousculent Ella, avant même qu’elle ne découvre de quelle nature elles sont tissées. Instinctivement, Ella est attirée par Abel. Une attirance mystérieuse, à laquelle elle résiste au début. Ella est d’abord questionnée par Abel, interpellée, secouée, bousculée puis, à l’occasion d’une fin de soirée imprévue, elle découvre, en suivant Abel, le monde du jeu, les cercles de jeu clandestins de Paris. Une initiation. Marie Monge filme au plus près ces lieux qu’elle colore en définissant une cohérence chromatique, des couleurs chaudes à base d’ocre associées à Abel, tandis que les couleurs de la vie d’Ella sont des couleurs froides, à base de bleus, jusqu’à l’inversion chromatique de la seconde partie du film. Quelques belles images surplombantes nous font voir la danse des jetons des tapis de jeux et la ronde de la boule de la roulette. Vues d’en haut, comme pour nous faire comprendre que ce monde est en-dessous. Justement, dans les sous-sols de Paris. Les sous-sols de l’addiction. Dans les cercles de jeu clandestins une très belle image à la tonalité de Hopper Le jeu des profondeurs Sous le visible des rues de Paris s’agite l’invisible des cercles de jeux et la puissance de la dépendance au jeu. Visages tendus, anxieux, présence des videurs, description furtive des banquiers des cercles, le cadre de ces salles souterraines est posé pour qu’on puisse suivre la navigation en profondeur d’Abel qui entraîne à sa suite Ella, d’abord fascinée puis actrice de ces jeux. Tout a déjà été écrit sur l’univers des jeux de hasard et les dépendances qui s’ensuivent à commencer par Le joueur de Dostoïevski la similitude entre le monde des jeux d’argent et le monde carcéral on parle de prison du jeu » etc. Aussi je ne vais pas ici suivre ce fil, mais entrer dans le film par un autre angle, celui du moi profond des personnages, ce moi profond qu’on appelle parfois le je » techniquement, dans la psychologie des profondeurs, le je » se situerait en-dessous du moi » et qui détermine une part importante de nos actions qui peuvent paraître irrationnelles au regard du moi. » Le fait que le je » se situe psychologiquement dans une sorte de sous-sol du moi », entre en résonnance avec la géographie des cercles de jeux telle que Marie Monge la présente, puisque les cercles clandestins sont logés dans les sous-sols du Paris visible. Je vais jouer de cette analogie morphologique et utiliser les ressources linguistiques de la langue française pour proposer un jeu de mots, une périchorèse un va-et-vient, un pas de danse entre le je » d’Ella et le jeu » auquel elle va jouer dans les cercles de jeu. Comme si le sous-sol du je » d’Ella était situé quelque part dans le sous-sol du jeu » clandestin. Cela me permettra de proposer une autre lecture du film de Marie Monge que celle faite par les critiques. Écrites pendant le festival de Cannes, les premières critiques du film ont insisté sur l’aspect amoureux du récit inséré dans le contexte des jeux clandestins et de l’addiction. Par exemple, dans son premier film, Joueurs, Marie Monge filme une passion amoureuse consumée par l’obsession du jeu » Christophe Narbonne, Première [en ligne], 12/5/2018 et ce film est un mélange de lumière, de passion et de destruction » Gwennaelle Masle, CineSeriesMag [en ligne], 11/5/2018. Les critiques récentes publiées au moment de la sortie du film le 4/07 suivent cette idée. Par exemple une romance sur fond de cercles de jeux clandestins » Étienne Sorin, Le Figaro, 4/07/2018, une descente aux enfers d’un couple à la Bonnie and Clyde » Lili Yubari, Biba, la dévastation d’un jeune couple en prise avec l’addiction aux jeux d’argent » Laurent Cambon, à Voir-à Lire [en ligne], 28/6/2018, une histoire d’amour et de dépendance, passionnée et tragique, entre une jeune restauratrice et un joueur, flambeur et flamboyant, qui brûle sa vie sur les tapis » Sabrina Nadjar, Femme actuelle. Par rapport à ces critiques qui voient dans le jeu la destruction de l’histoire d’amour entre Ella et Abel, je crois qu’il serait intéressant de dissocier Ella d’Abel et de considérer que, dans le jeu, Abel joue avec l’argent et Ella joue avec son je. » Joueurs désignerait ainsi, non seulement ceux qui jouent aux jeux de hasard dans les cercles clandestins, non seulement ceux qui jouent aux jeux de l’amour Ella et Abel, mais aussi, et plus profondément, celle qui joue avec son je. En effet, même si l’histoire entre Ella et Abel s’apparente à une passion amoureuse effectivement inscrite dans le milieu des cercles de jeux clandestins et ici on retrouve une tradition cinématographique qui présente des couples d’amants maudits comme Bonnie and Clyde 1968 d’Arthur Penn, Le guet-apens 1972 de Sam Peckinpah ou Les anges déchus 1995 de Won Kar-Wai, Marie Monge semble centrer la dynamique du film sur le personnage d’Ella. Elle nous dépeint une femme cherchant à quitter une vie qu’elle ressent sans relief [Ella] est une femme qui a une vie comme beaucoup de gens. Une vie qu’elle n’a pas forcément choisie. Elle est là où elle est censée être. Elle n’est pas forcément malheureuse ou opprimée, mais elle ne sait pas exactement qui elle est, parce qu’elle n’a pas forcément eu de choix à faire dans sa vie. Elle attend que quelque chose arrive qui va la basculer » interview donnée à RFI [en ligne] le 14/5/2018. Une critique a relevé ce trait du personnage d’Ella, décrite comme une serveuse consciencieuse mais qui s’ennuie » Peter Bradshaw, The Guardian [en ligne], 11/5/2018. Marie Monge précise qu’Ella doit soit rester dans le monde qu’elle connaît, soit prendre le risque d’aller voir ailleurs et de découvrir autre chose sur elle-même aussi. » Ma proposition ici est de considérer qu’ aller voir ailleurs » pour découvrir autre chose sur elle-même » revient à s’engager dans un jeu avec son je. Je voudrais montrer que le parcours d’Ella est finalement très différent du parcours d’Abel. Pour distinguer radicalement la route d’Ella de celle d’Abel, le jeu d’Ella et le jeu d’Abel. Joueurs ? Peut-être, mais au même jeu ? Pas sûr. Le jeu d’Ella A quoi joue donc Ella ? Pour répondre à cette question, je propose de relire trois textes de Georges Bataille, Jacques Henriot et Eugen Fink qui abordent, chacun à leur manière la question du jeu. Ce triple éclairage nous permettra de mieux saisir la radicalité du mouvement d’Ella et de le différencier nettement de celui d’Abel. Dans un article publié en 1951 dans la revue Critique Sommes-nous là pour jouer ou pour être sérieux ? » à propos de l’ouvrage de Huizinga Homo ludens, essai sur la fonction sociale du jeu, 1951, Bataille distingue deux sortes de jeu, le jeu mineur et le jeu majeur le jeu mineur seul est reconnu dans un monde où l’utile est souverain, non le jeu majeur ; pour cette raison, rien n’est moins familier à notre pensée que le jeu majeur, qui ne peut servir et où se manifeste la vérité profonde » Œuvres complètes, Gallimard, tome XII, p. 118. Le jeu mineur ne demande nullement la pleine révolte » p. 116. C’est un jeu qui ne perturbe pas l’ordre des choses et le travail sérieux. C’est le jeu du tourisme en troupe » p. 117 comme l’appelle Bataille, où l’on emmène, en troupe », en masse, les nombreux touristes jouer, sans que le monde de la production soit mis en danger. Pas de remise en cause de l’utile avec le tourisme de masse qui est, pour Bataille, une immense abdication. » Tandis que le joueur authentique est, au contraire, celui qui met sa vie en jeu, que le jeu véritable est celui qui pose la question de la vie et de la mort » p. 111. Une mise en jeu » radicale de soi-même. De ce point de vue, le jeu d’argent indique mal le sens » du jeu p. 108. Je propose de considérer le parcours d’Ella comme sa mise en jeu dans un jeu majeur au sens de Bataille. Tandis que la dépendance aux jeux d’argent d’Abel l’apparenterait davantage à un jeu mineur. Au début du film, Ella semble percevoir le monde sous l’emprise de la technique, du calcul on la montre attentive aux opérations de caisse et finalement soumis à l’ennui du calcul. Si l’on veut vivre dans un tel monde en refusant l’emprise du calcul, soit on vole, comme Abel au début du film, Abel vole l’argent de la caisse, soit on joue, comme Ella. Ella ne veut pas voler. Alors il est indispensable de redonner du jeu à la vie. Pour Bataille, sans cette agitation capricieuse due au jeu, on est condamné à une existence sociale correcte et chargée de contrainte ou d’ennui » p. 109 la situation d’Ella telle que Marie Monge la présente au début du film. Pouvoir jouer est le signe que l’on parvient à s’échapper des rouages d’un déterminisme mortifère, à introduire un jeu dans un mécanisme rigide, le mécanisme de la vie routinière. Ici, la métaphore mécanique du mot jeu » permet une analogie très intéressante, analysée en détail par Jacques Henriot[3]. Le jeu d’un mécanisme est ce qui permet à une pièce mécanique de bouger. Pour Henriot, cette notion d’entre-deux, de distance intérieure, est centrale dans l’analyse du jeu. Il l’applique à l’individu qui joue en considérant que le jeu tient à l’intervalle qui sépare le sujet de lui-même » Le jeu, PUF, 1969, p. 95. Le jeu s’insinue entre l’individu et lui-même, entre son moi et son je il exprime un hiatus qui oblige l’individu à agir pour être. De ce point de vue, pour Henriot, le jeu est une poésie de l’action » p. 83. L’individu joue parce que en lui-même cela’ joue » p. 93. Il y a au centre de l’individu quelque chose’ d’instable qui joue » dans le sens mécanique et que le jeu dans le sens ludique visibilise. Il y a comme un trou » au centre de l’homme qui ne peut être bouché, une marge de flottement et d’incertitude qui empêche l’être humain de pouvoir être copié ou imité par un robot, aussi perfectionnés soient les algorithmes qui constituent ses programmes comportementaux. Si l’homme joue, c’est parce qu’il y a du jeu » dans l’être de l’humain p. 98. Un robot ne pourra jamais jouer » dans ce sens, même si on peut programmer une machine à exécuter parfaitement les règles du jeu. L’être humain est en un sens toujours en train de dé-coïncider » d’avec lui-même p. 98[4], ce qui est radicalement impossible à un robot. Relisant Pascal mais en en inversant les conclusions pessimistes sur le jeu comme divertissement et donc fuite de soi, Henriot considère que le jeu est, non pas un divertissement au sens pascalien, mais ce qui est très exactement le mouvement de vie par lequel l’homme se fait. La création de soi passe par sa mise en jeu. En jouant son je, dans l’incertitude de l’errance, Ella se créé par liberté. Tandis qu’en jouant aux jeux d’argent, dans les variations infinies des combinaisons du hasard des cartes ou de la roulette, Abel se détruit par dépendance. Ainsi rien n’oppose plus le jeu d’Ella au jeu d’Abel que cette distance intérieure, constitutive du jeu d’Ella et absente du jeu d’Abel. Ella n’est pas dépendante du jeu d’argent, comme Abel l’est. Dans une scène intéressante du film, Abel croit qu’il a inoculé en Ella le virus du jeu il lui dit que c’est comme une piqûre. Alors que, pour Ella, c’est bien davantage le mouvement de recherche de soi qui l’emporte sur l’addiction au jeu d’Abel. Cette possibilité que le jeu instaure un nouveau rapport au monde et à soi est développée par le philosophe Eugen Fink 1905-1975 dans Le jeu comme symbole du monde 1966. Fink montre comment la philosophie platonicienne, en réduisant le jeu à une copie » du vrai » monde, a empêché de comprendre le rapport de l’homme au monde autrement que par un face à face statique. Sans jeu. Pas de création par jeu dans le monde de Platon. Tandis que, en pensant le jeu comme une activité qui recolle » l’homme au monde, qui réunit l’homme et le monde symbole du monde », sun-bolos réunir, on comprend que jouer installe un rapport dynamique profondément renouvelé entre soi et le monde. Un rapport de proximité dans lequel l’élan par lequel on s’engage dans le jeu va produire un accès à nous-même par la révélation de choses inattendues. Fink considère que, dans la vie de tous les jours, nous vivons dans un curieux engourdissement et comme aveugles » p. 120, sans qu’aucune lumière ne vienne éclairer cette nuit de routine. Le monde se fait opaque, exactement comme pour Ella au début du film. Mais l’entrée dans le jeu vient nous donner l’impression de pouvoir sortir de l’opacité du monde car dans le jeu on va se sentir plus proche de l’essentiel et de l’authentique » p. 121. Tout à coup, quelque chose » va faire irruption, va venir trouer l’opacité du quotidien. Ce trou » est associé au trou » interne dont je parlais précédemment, à cette dé-coïncidence qui caractérise l’homme par rapport au robot. Le jeu nous entraîne dans une attitude esthétique » p. 75 vis-à -vis du monde, qui nous permet d’accéder à nous-mêmes. Du point de vue éthique, la clé de cette fécondité vient de ce que la mesure de l’action n’est plus rapportée à une morale extérieure » en surplomb, qui jugerait bien » ou mal » telle action en cours, mais relève d’un vécu » intérieur dont les critères évaluatifs sont différents. Une piste personnelle. Qui revient, lorsqu’on entre dans le jeu, à alterner des moments d’activité et de passivité par rapport au jeu. On dirige son action puis on se laisse diriger par le jeu en devenant le jouet du jeu. Cette passivité est la clé de l’accès recherché à soi. Ainsi semble agir Ella, dont on se demande parfois pourquoi elle fait ce qu’elle fait alors que la raison ou une morale de surplomb lui enjoindraient de faire autrement. On ne comprend pas toujours ce qu’elle fait. On a envie de lui dire d’être, justement, moins passive par rapport aux événements. Mais cette passivité apparente semble pour elle vitale. Ce qui revient à voir le jeu d’Ella comme une liturgie de la contingence. La vie d’Ella devient dépendante des gains et des pertes d’Abel En résumé, je propose de considérer qu’Ella 1 joue à un jeu majeur ; 2 en jouant son je ; 3 en espérant par ce jeu majeur avec son je retrouver un monde vivable au-delà de l’opacité du monde qui l’aveugle. Le contraire d’Abel qui 1 joue à un jeu mineur ; 2 sans se remettre en question ; 3 sans espérer changer le cours des choses. Voir le jeu Le désir de ne pas passer à côté de l’aventure » pour ne pas manquer le truc », pour ne pas passer à côté d’une nouvelle création de soi a été la marque de la réflexion du philosophe Ralph Waldo Emerson 1803-1882. Pour Emerson, on doit faire confiance à soi-même, on doit obéir à ses élans très profonds car on perçoit dans ces élans une sorte d’appel à vivre autrement. Dans ces moments, on mobilise en soi une capacité à inventer un chemin inédit, sans pouvoir préjuger de l’issue de la route. Mais dans le film, c’est Abel qui déclenche en Ella le mécanisme du mouvement, de l’élan. Du coup apparaît le problème d’Abel. Car pour Ella, se lancer et accepter de devenir le jouet d’un jeu pour accéder à elle-même revient à suivre la route d’Abel qui passe par le hasard des gains et des pertes. Au lieu de chercher à suivre sa piste, Ella va suivre la piste de l’argent aléatoire et en cela va devenir dépendante de la dépendance d’Abel. Dans les sous-sols des cercles clandestins, sa vie est tirée au sort des dés d’Abel. Aussi Ella ne devient pas le jouet du jeu mais le jouet du hasard. Les risques du jeu deviennent les risques du jeu d’argent. Des scènes fortes la montrent comme anesthésiée par les violentes secousses qu’elle subit à cause de cela. Car, si Ella reste protégée de la dimension addictive des jeux d’argent, Abel, lui doit payer des dettes de jeu importantes et se trouve poursuivi par les hommes de mains des banquiers des cercles clandestins. Commence alors l’aspect noir du film de Marie Monge, sur lequel les commentaires des critiques ont été unanimes. Autrement dit, la voie émersonienne se grippe à cause de l’argent. La déformation due à l’argent transforme la piste d’accès à soi en voie dangereuse car l’élan initial d’Ella devient enchâssé dans la dépendance d’Abel au jeu d’argent. Ici apparaît quelque chose d’intéressant pour comprendre l’échec du jeu d’Ella, le manque de gratuité du jeu. Dans une très intéressante réflexion sur les relations entre jeu et création, Penser la création comme jeu 2000, le philosophe et théologien François Euvé montre l’importance de la gratuité pour que le jeu puisse accomplir son œuvre de création le jeu ne vise aucune fin extérieure à lui-même [et se] distingue à la fois de la nécessité et du hasard » p. 354. Si le mouvement émersonien initial d’Ella revêt cet aspect de gratuité, son parasitage par l’argent, dû à la dépendance d’Abel aux jeux d’argent, le grippe fondamentalement. On voit poindre l’impact négatif de l’argent sur la démarche émersonienne, une corruption de l’élan de vie par l’argent. Cette confrontation entre la voie émersonienne et sa corruption par l’argent ouvre des pistes de réflexion nouvelles pour l’éthique de la finance, que je ne vais pas développer maintenant mais sur lesquelles je reviendrai ultérieurement. Ella aurait-elle pu jouer son jeu sans succomber au jeu d’Abel ? Oui évidemment ! mais si elle avait trouvé la solution il n’y aurait pas eu d’histoire d’amour maudit avec Abel donc pas le même film !. Il aurait fallu qu’Ella puisse, selon les termes de Wittgenstein, voir le visible », c’est-à -dire trouver de l’ extra-ordinaire » dans l’ordinaire, dans la vie de tous les jours. Voir le visible comme doté d’un jeu, le jeu du quotidien, c’est le voir comme un environnement non clos sur lui-même, non limité à une routine répétitive des mêmes gestes et des mêmes règles. Ce qui en desserre les contraintes et rouvre à l’étonnement devant le quotidien, et donc à l’enthousiasme, qui révèle sur le quotidien et sur soi-même des choses inattendues. Or Ella ne voit pas. Elle devient sceptique sur la vie. Elle croit que ce monde-là – le monde qu’elle voit – n’est pas pour elle, n’est pas son vrai jeu. Pas le je » qu’elle doit avoir pour vivre. Pas celui qu’elle est appelée à jouer. J’imagine que c’est cette opacité du visible qui est la raison pour laquelle elle décide de suivre Abel dans le monde du sous-sol pour espérer, par ce geste, pouvoir changer de jeu. Pour espérer voir. » Pour voir ce qui s’y passe, pour voir ce qu’elle doit voir. Comme si le fait de plonger dans le sous-sol du monde visible, le sous-sol invisible du jeu, allait lui permettre, justement, de trouver enfin son je » son jeu dans le monde. Justement, Abel lui semble pouvoir lui apporter ce relief, par de l’ extra-ordinaire. » Mais ici la quête tourne mal – à cause de l’argent comme on l’a vu – et commence alors la descente aux enfers. A la fin du film, Abel raconte à Ella qu’il a toujours été du côté des perdants. Pour lui, jouer veut dire gagner ou perdre de l’argent. Tandis qu’Ella met son je en jeu. Finalement, les joueurs » titre du film ne jouent pas au même jeu. Serait-ce la raison pour laquelle l’histoire d’amour entre les je » n’aboutit pas, sauf à la mort. Et qu’Ella repart seule. Mise hors-jeu ? Notes [3] Sur Jacques Henriot et la fécondité de sa réflexion sur le jeu, on pourra consulter Sciences du jeu et en particulier l’hommage du premier numéro [4] Henriot dit précisément que l’homme est un être incapable par nature de coïncider avec lui-même. » Je reformule ce passage en utilisant le terme dé-coïncider » qui a été introduit par François Jullien dans son ouvrage Dé-coïncidence. D’où viennent l’art et l’existence ? Grasset, 2017 et dans son cours public du 25 janvier 2017 quand les choses coïncident …, qu’il n’y a plus de jeu, plus rien ne peut arriver …, c’est mort »
23 mai 1934. Il est 9H du matin près de Black Lane en Louisiane, États Unis. Alors qu’ils allaient partir, lassés de planquer depuis le milieu de la nuit, les policiers sursautent. Une voiture arrive. Ils en reconnaissent le conducteur. Aussitôt plusieurs rafales éclatent. La voiture dérape et échoue dans le fossé de la route 154. 150 balles ont traversé l’habitacle. Bonnie Parker et Clyde Barrow, 23 et 25 ans sont morts. Bonnie nait au Texas, élève brillante, elle plaque l’école a même pas 16 ans pour épouser Roy son premier mari, un mariage assez court puisqu’assez vite le mari est enfermé en prison. Devenue vendeuse, elle rencontre le beau Clyde Barrow. Brun, les traits fins, Petit voleur au départ, il tue ensuite. En prison d’abord, pour se débarrasser d’un détenu qui veut l’agresser sexuellement. Très vite après leur rencontre, Bonnie et Clyde volent et ils n’hésitent pas à tuer dès qu’ils se sentent en danger. Leur gang grossit de Buck le frère de Clyde et de Blanche sa femme. Au fil de leurs pérégrinations criminelles, les frères Parker sont accusés de pas moins de 14 meurtres en moins de 4 ans. Ces affaires font la une. Bien vite la presse se passionne surtout pour le jeune couple qui n’a peur de rien et puis ils sont beaux et amoureux. L’opposé de ce qu’on imagine de criminels. En plus Bonnie est douée pour les mots et écrit de beaux poèmes. C’est donc avec fascination autant qu’avec répulsion que les journalistes commentent les exploits criminels de Bonnie et Clyde. Les rangers, eux, avaient ordre de les avoir morts ou vifs après le meurtre de deux jeunes policiers ayant eu le malheur de croiser le couple infernal. Bonnie et Clyde deviennent aussitôt des légendes. Sur le lieu même de leur mort certains tentent de voler des bouts de vêtements comme des reliques. lls seront plus de 20 000 à assister à leurs obsèques. Objets de films, de nombreuses chansons, fascinants de cruauté et de romantisme, Bonnie et Clyde resteront dans la mémoire de la justice comme le couple de criminels le plus uni que des innocents aient pu croiser sur leur route.
Si l’on devait dresser une liste des gangsters les plus populaires de l’Histoire, les noms de Bonnie and Clyde en feraient sans aucun doute partie. Bonnie and Clyde, c’est l’histoire d’un couple éperdument amoureux ayant choisi la voie de la criminalité pour mener la vie la plus excitante possible. Leur parcours criminel, relativement atypique, fascine depuis près de 100 ans des nombreuses personnes. Largement romancé par les œuvres cinématographiques, le couple de hors-la-loi était toutefois loin de l’image qu’on a tendance à lui attribuer. Car oui, Bonnie and Clyde étaient avant tout des braqueurs de banques qui n’hésitaient pas à tuer si nécessaire. Leur véritable histoire, souvent méconnue du grand public, mériterait alors plus d’éclaircissements. Je vous propose ainsi de plonger avec moi dans les Années folles afin de découvrir ensemble leur surprenante histoire de brigands. La jeunesse de Clyde Barrow Clyde Chestnut Barrow vient au monde en 1909 à Telico, près de Dallas État du Texas. Il est le cinquième d’une famille pauvre de 7 enfants. Son père, Henry Barrow, est un travailleur acharné qui subvient aux besoins de sa famille par le biais de l’agriculture. Tandis que sa mère, Cumie Barrow, est femme au foyer. Seule, elle s’occupe du mieux qu’elle peut de ses enfants, en leur inculquant notamment certaines valeurs religieuses. Le jeune Clyde apprécie d’ailleurs particulièrement se rendre à l’église, au plus grand plaisir de sa mère. Ce qui n’est pas le cas de l’école, qui ne l’intéresse pas. Il préfère généralement jouer avec des armes à feu, factices ou réelles il était en effet commun à l’époque chez les familles paysannes américaines de posséder 1 ou 2 fusils chez soi, notamment pour la chasse. Image d’illustration montrant un groupe d’enfants dans les années 20. Le caractère de Clyde, prenant forme à ce moment-là , montre déjà quelques traits de personnalité notables. Comme Une propension à la rancune Clyde n’oublie jamais les insultes à son égard. Le pardon ne fait pas partie de son logiciel. La diplomatie il préfère parler avant de frapper. S’il peut éviter les bagarres avec la parole, c’est tant mieux. Une colère incontrôlable quand on le cherche, on le trouve. Lorsqu’il n’y a plus d’autres options que la confrontation physique, Clyde perd généralement le contrôle et fait preuve d’une violence extrême. L’insensibilité aucune pitié pour ses adversaires. La persévérance même quand il perd un combat, Clyde revient au galop, saisissant toujours l’opportunité de se venger. Dès l’âge de 15 ans, le jeune Clyde décide de quitter la campagne pour rejoindre son frère Buck, à Dallas. En découvrant la ville, Clyde tombe immédiatement sous le charme de la vie citadine, avec son lot infini de possibilités, ses vitrines de magasins alléchantes et surtout les filles. Clyde a l’ambition de travailler dur pour obtenir les choses qu’il désire ardemment. Toujours scolarisé à cet instant, il décide d’abandonner l’école pour entrer définitivement dans la vie active. Une fois plongé dans le monde du travail, Clyde déchante rapidement. Il comprend qu’il n’est pas fait pour recevoir les ordres d’un patron. De plus, son salaire ne lui permet pas finalement de s’acheter les belles choses qu’il convoite depuis toujours. Son rêve de richesse semble alors s’éloigner, ce qui le frustre, voire le met en colère. En voyant la vie pénible et misérable de son père, Clyde ne peut s’empêcher d’entrevoir un futur laborieux. Chose qu’il veut à tout prix éviter. Ayant une forte envie de contrôler son avenir, il refuse de suivre le même chemin et choisit de prendre la voie du hors-la-loi. S’inspirant de certains jeunes de Dallas accoutumés des petits larcins, Clyde effectue ses premiers vols. Il commence ainsi par voler des poulets, puis en vient très vite à plus gros des voitures un type de vol qui deviendra sa spécialité. Ce train de vie de voyou le fait arrêter quelque temps plus tard pour un énième vol de voiture. À seulement 17 ans, Clyde entre dans les fichiers de police, obtenant au passage son premier dossier officiel d’arrestation. Première photo d’identité judiciaire de Clyde Barrow, alors âgé de 17 ans 1926. Cela ne le freine pas pour autant. Le vol de voitures est une activité qui lui rapporte gros, et qui plus est, de façon rapide. Alors de fil en aiguille, il continue de s’initier à d’autres activités délinquantes, comme les cambriolages. Son destin prend par conséquent progressivement la direction du banditisme. La jeunesse de Bonnie Parker Bonnie Elizabeth Parker est née le 1er octobre 1910 à Rowena État du Texas, une ville principalement paysanne. Charles Parker, son père, est maçon tandis que sa mère Emma est couturière dans une usine. Les Parker comptent 4 enfants, dont Bonnie, la 3ème de la famille. Alors encore en bas âge, Bonnie se voit perdre son père suite à un accident de travail. Seule à élever ses enfants et en situation précaire, Emma, sa mère, est contrainte de chercher du soutien auprès de ses parents. La famille déménage ainsi à l’Ouest de Dallas, à Cement City, une ville particulièrement pauvre. Âgé de 6 ans, Bonnie fait déjà preuve d’un tempérament de battante. En particulier à l’école où elle est parfois prête à en découdre pour un simple stylo volé. Filles comme garçons, elle n’hésite pas à se chamailler avec toutes les personnes qui lui causent du tort. Durant l’adolescence, la jeune Bonnie développe une obsession pour le maquillage et les vêtements. Elle rêve en effet de ressembler aux stars glamour qu’elle voit au cinéma ou dans les magazines. Son parcours scolaire prend fin au lycée. Bonnie entre alors dans le monde du travail et trouve un poste de serveuse dans un café là -bas, elle se prostitue occasionnellement avec quelques clients de ce dernier. Rare photo de Bonnie Parker en tenue de serveuse dans le bar où elle travaillait à Dallas 1929. Malheureusement, la Grande Dépression de 1929 va lui faire perdre son emploi. Sans travail et sans revenu, Bonnie ne perd pas de vue cependant son rêve le plus précieux atteindre la célébrité et vivre une histoire d’amour passionnante à l’image des films qu’elle voit au cinéma. Or, plus le temps passe et plus elle en vient à se demander régulièrement dans son journal intime “Mais pourquoi rien ne se passe ?”. Jusqu’au jour où une rencontre lui permet d’accomplir ce qu’elle a toujours voulu… Bonnie and Clyde se rencontrent Par le biais d’un proche en commun, Bonnie and Clyde se retrouvent par coïncidence à une fête organisée au début du mois de janvier 1930. Image d’illustration d’un bal dansant dans les années 30. Durant cette soirée, Bonnie remarque un jeune garçon attirant particulièrement son attention, un certain Clyde Chestnut Barrow. Voyant en lui un homme capable de prendre des décisions, elle tombe immédiatement sous le charme. Ses vêtements et sa voiture de luxe probablement volée lui font également bonne impression. Bonnie, lors de cette rencontre, voit en Clyde la promesse d’une aventure passionnante et divertissante. Elle qui en a bien besoin depuis ces temps quelques peu difficiles… Du côté de Clyde, le coup de foudre est réciproque. Le jeune bandit est charmé par Bonnie. Ce qu’il apprécie le plus chez elle, c’est sa détermination à vouloir se sortir de la misère et son refus catégorique d’accepter une vie moyenne. Le couple de gangsters le plus célèbre de l’Histoire était alors né. Pourtant, un évènement chamboule vite leur romance. La police était sur le point de jouer les trouble-fête. Direction la prison pour Clyde Barrow Recherché par la police dans plusieurs villes avoisinantes, Clyde est arrêté puis mis en détention provisoire quelque temps après sa rencontre avec Bonnie. Il est emprisonné dans la prison du comté de Dallas, le temps de son jugement. Séparée de son nouveau petit ami, Bonnie lui écrit des longues lettres d’amour et lui rend parfois visite. Au moment du jugement, le 3 mars 1930, 7 chefs d’accusation sont retenus contre Clyde. La plupart étant pour vols des voitures et des possession de biens volés. On lui ordonne de purger 2 ans de prison dans le pénitencier du comté de McLennan. La photo d’identité judiciaire de Clyde Barrow quelque temps après sa rencontre avec Bonnie Parker 1930. Lui qui n’apprécie pas les ordres, doit désormais obéir à des supérieurs pendant 24 mois d’affiliée… À cet instant, il ne se voit pas continuer la peine qu’on lui demande de purger. L’idée de trouver une échappatoire commence ainsi à germer. Après de mûres réflexions, Clyde élabore finalement un plan pour s’évader de prison. Ce dernier prend la forme suivante Clyde demanderait à Bonnie de lui transmettre discrètement une arme à feu lors d’une visite. Avec l’arme en sa possession, lui et 2 autres détenus devraient prendre en otage les gardiens de prison. Pour ensuite prendre la fuite en volant une voiture. Ce qu’ils font à la lettre. Clyde réussit en effet à s’échapper comme prévu. Cependant, de nombreux policiers sont à leurs trousses et ils ne font malheureusement pas long feu. Clyde est arrêté avec ses complices une semaine après l’évasion. Le 21 mars 1930, soit seulement 20 jours après qu’il ait été envoyé en prison, Clyde tombe de nouveau sous le coup de la justice. Cette fois-ci, on le condamne à 14 ans de prison ! Un cauchemar pour Clyde qui n’est pas au bout de ses peines. Puisqu’à la mi-septembre 1930, il est affecté à l’un des pénitenciers les plus durs du Texas la prison agricole d’Eastham. Photo d’identité judiciaire de Clyde Barrow après son évasion de prison et sa capture 18 mars 1930. Clyde quitte la prison, mais à quel prix… Après son transfert à la prison d’Eastham, Clyde comprend immédiatement l’enfer qui l’attend là -bas. Dans ce pénitencier ultrastrict, les prisonniers sont poussés au-delà de leurs limites physiques Travaillant 10 heures chaque jour dans les champs, à une fréquence de 6 jours sur 7 Pauses déjeuner de 5 à 10 minutes seulement, le temps d’avaler une nourriture souvent exécrable Des gardiens de prison avec une attitude sévère voire condescendante envers les condamnés Enfin, une possibilité de s’échapper presque nulle, avec un ratio gardes/prisonniers de 8 pour 1. Seules 4 évasions ont réussi sur les 302 tentées. Autant dire que ses conditions de détention étaient extrêmement pénibles. Sa copine Bonnie lui rend alors de moins en moins visite. Ses lettres d’amour se font aussi de plus en plus rares. En effet, Bonnie, suite à l’incarcération de Clyde, se sent extrêmement seule. L’excitation du début de leur relation était déjà bien loin… Photographie d’illustration d’une prison agricole au USA, aux alentours des années 30. Voilà presque 2 ans maintenant que Clyde Barrow purge sa peine dans la prison la plus stricte du Texas. À ce moment-là , il en a déjà marre. Il veut partir, et ce, peu importe les moyens utilisés. Il trouve alors une solution qui le fera peut-être échapper de cet enfer. Cette dernière requiert cependant un certain sacrifice. Il faut que Clyde se mutile les mains ou les pieds dans le but d’être transféré à l’hôpital de la prison. Là -bas, les prisonniers jugés trop invalides sont généralement libérés. Clyde choisit donc de se couper le gros orteil ainsi qu’une partie du second à la hache. Désormais boiteux pour le restant de ses jours, il réussit malgré tout à se faire transférer. N’étant pas au courant de son état de santé, sa mère, de son côté, prend l’initiative de faire appel et réussit dès lors à le faire sortir de prison. Clyde échappe ainsi à la prison d’Eastham, avec un sacrifice qu’il aura effectué en vain… Quoi qu’il en soit, à présent libre, Clyde peut enfin retourner à Dallas. Là -bas, un avenir incertain l’attend. Un retour à la vie “normale” décevant pour Clyde Pendant que Clyde séjourne en prison, Bonnie en profite pour trouver un nouveau travail. Mais pas seulement. Elle se trouve également un nouveau petit copain. De type plutôt ordinaire, il est toutefois loin de la satisfaire. Avec lui, Bonnie n’a pas la possibilité de rêver comme elle pouvait le faire avec Clyde. Du coup, lorsque ce dernier sonne à sa porte, après tant de temps passé en prison, elle se remet immédiatement avec lui. Sans Clyde, sa vie était devenue somme toute banale. Maintenant qu’il était de nouveau à ses côtés, elle pouvait de nouveau s’autoriser à rêver. À partir de cet instant, leur histoire d’amour n’allait plus jamais s’arrêter. Bonnie and Clyde se prenant en photo à côté d’une voiture volée image d’illustration car étant prise un peu plus tard en 1933. De retour à la vie “normale”, Clyde, sans emploi, veut économiser de l’argent dans le but d’ouvrir son propre garage automobile une idée qui avait germé lors de son passage en prison. Mais pour cela, il doit trouver un travail. En février 1932, il se rend donc à Dallas pour rechercher activement un emploi. Plusieurs entreprises vont alors l’embaucher mais le vireront de sitôt. La raison ? Des harcèlements incessants de la part des policiers qui ne veulent pas de lui dans la ville. Pourtant, Clyde jure vouloir se ranger à ce moment-là . Qu’à cela ne tienne, les autorités ne le croient pas une seule seconde. Pour l’ancien taulard, c’en est assez. Il fait savoir à ses parents qu’il ne veut plus jamais travailler. Son destin, à cet instant, prend une tournure définitive… Bonnie and Clyde choisissent la voie du crime Clyde, après sa période décevante dans la vie active, décide de faire du crime son métier. Il forme ainsi son premier gang, le gang Barrow, comptant notamment Ralph Fults un ancien codétenu, Raymond Hamilton un de ses amis d’enfance et sa petite amie Bonnie Parker. Le couple voit la vie criminelle comme une opportunité à saisir. Pour Clyde, c’est l’occasion d’avoir enfin le contrôle sur sa vie. Quant à Bonnie, c’est une chance de vivre enfin l’aventure excitante qu’elle a toujours rêvée. Conscients des conséquences dramatiques et inévitables qu’un tel train de vie peut engendrer, Bonnie and Clyde, plus que décidés, s’en vont dès lors écrire la suite de leur fameuse histoire. Bonnie Parker pointant un fusil de chasse sur son partenaire de crime Clyde Barrow 1932. Le début d’une longue cavale Les premières semaines du gang Barrow sont pour le moins calamiteuses. Notamment en raison des mauvaises prises de décision et un lot de malchances. La bande de hors-la-loi commence en effet leur série de vols dans des boutiques et stations essence du coin. L’un d’eux a alors lieu dans la petite ville de Kaufman au soir du 19 avril 1932. Les hommes de Clyde s’apprêtent ce jour-là à cambrioler une quincaillerie, au cours duquel ils ont l’intention de voler des armes à feu. Sauf que cela ne se passe pas comme prévu. Ayant été repéré par un garde de nuit, une fusillade éclate de sitôt, forçant les bandits à prendre la fuite en voiture. Poursuivis par la police et les habitants de Kaufman en colère, les gangsters sont dès lors contraints d’abandonner leur véhicule coincé dans la boue et prendre la fuite à pied. Le gang Barrow, à cet instant, est dans de sales draps. Fults s’est fait tirer dans le bras et le reste du groupe est en proie aux coups de feu. Ce qui fait craindre Clyde sur le possible sort de Bonnie. Ayant peur qu’elle se fasse tirer dessus, il lui ordonne de se rendre. Pour cela, il la conseille de prétexter aux policiers un kidnappe dans le but d’éviter une peine trop lourde. Ce qu’elle fait à la lettre. Fults, de son côté, est également capturé avec elle. Quant à Clyde et Hamilton, ils réussissent à s’échapper à temps. Bonnie, désormais prisonnière avec Fults, voit donc son histoire d’amour avec Clyde prendre fin… Une du journal local de Kaufman, ainsi qu’un extrait de l’article parlant du braquage raté de Bonnie and Clyde à noter “Jack Sherman” est l’alias utilisé par Ralph Fults et “Betty Thornton” celui utilisé par Bonnie. Pendant son séjour en prison, Clyde continue les vols à main armée avec d’autres gangsters rencontrés sur le tas. Il franchit d’ailleurs à cette période un point de non-retour, en participant notamment à un cambriolage meurtrier. Ce dernier se déroule à Hillsboro, le 30 avril 1932. Clyde, dans le rôle de chauffeur, attend patiemment que ses associés braquent la bijouterie Bucher. Lors de ce braquage des coups de feu retentissent, ce qui fait comprendre à Clyde que quelque chose ne se passe pas comme prévu. Il avait en effet vu juste. Ses acolytes, avec un butin plutôt maigre, avaient tué le propriétaire du magasin. Identifié plus tard par la femme de la victime comme un des tueurs du holp-up, Clyde Barrow devient coupable et se retrouve par conséquent dans le viseur de toute la police du Texas. Avis de recherche de Clyde Barrow à droite et un de ses associés pour le braquage de la bijouterie Bucher à Hillsboro 1932. De son côté, Bonnie est libérée de prison quelques mois après le cambriolage raté de Kaufman. Le grand jury, ayant échoué sa tentative pour l’inculper, la libère finalement. Ralph Fults, lui, ne connaît pas le même sort. Le bandit prend 10 ans de prison. Le gang Barrow se retrouve donc plus qu’à 3, avec dans ses rangs Clyde Barrow Bonnie Parker Et Raymond Hamilton Clyde Barrow, à présent recherché par toute la police du Texas, est accusé pour la première fois du crime le plus odieux le meurtre. Et cela ne va pas aller en s’arrangeant… Le 5 août 1932, alors qu’il se rend à un bal de country à Stringtown avec son acolyte Raymond Hamilton, Clyde est repéré par des policiers. Ce qui suit est terrible. Les 2 gangsters ouvrent le feu, tuant un officier de police et blessant un autre gravement, pour finalement fuir à toute vitesse. À ce moment-là , Clyde sait que son destin est scellé. Une longue et interminable cavale allait l’attendre, lui et son gang. Le gang se reforme 6 août 1932. Jusque-là plutôt mise à l’écart dans le clan, Bonnie commence petit à petit à s’affirmer en tant que membre de gang à part entière. Elle conseille notamment Clyde et Hamilton de se diriger vers le Nouveau-Mexique pour fuir les autorités toujours à leurs trousses. Toutefois, leur périple là -bas ne dure pas longtemps, ils sont vite repérés ce qui les contraint de faire machine arrière. Ils retournent ainsi à Dallas où ils se cachent dans une ferme abandonnée pour faire profil bas. Dans leur cache, Raymond en profite alors pour mettre les choses au clair il veut quitter le gang. N’appréciant pas Clyde et cherchant à fréquenter des braqueurs de banques plus “professionnels” et confirmés, il décide de se séparer du groupe. Portrait de Raymond Hamilton pris lors d’une photo d’identité judiciaire. Le gang Barrow ne contient désormais plus que Clyde et Bonnie en son sein. Les 2 gangsters sont alors dans l’obligation de trouver du soutien s’ils veulent espérer faire de gros casses. Ce renfort, ils le trouvent dans un premier temps du côté du petit frère de Clyde, Leon Barrow. En effet, son ami William Daniel Jones Jones, est très admiratif du couple de fugitifs de plus en plus médiatisé dans les journaux. Âgé seulement de 16 ans, il demande à rejoindre le gang. Une requête qui est acceptée par Clyde. Dans un second temps, le gang enrôle 2 autres recrues Buck Barrow le grand frère de Clyde et sa femme, Blanche Barrow. Cet enrôlement qui va se faire d’une manière plutôt inattendue… Pris par surprise à Joplin Voyant Clyde tomber dans la délinquance, Buck, son grand frère, souhaite à tout prix le convaincre d’arrêter. Il pense en effet que si Clyde se rend maintenant aux autorités, le jury aurait plus de chances d’être clément avec lui. Pour le persuader, il rejoint donc le gang, mais pas tout seul. Il est accompagné par Blanche, sa femme. Les 2 intègrent le clan d’une façon qu’ils pensent provisoire. Buck, en suivant son frère pendant sa cavale, va tenter de l’inciter à mettre un terme à sa vie de fugitif. Ce qui s’annonce plus difficile que prévu… Clyde, étant déterminé à ne plus jamais retourner à la prison d’Eastham, lui dit vouloir préférer la mort à la captivité. Mais Buck persiste et garde espoir. Il se pense capable de convaincre son petit frère. Il va cependant vite déchanter lorsqu’un incident va les contraindre, lui et sa femme, à rejoindre le groupe pour de bon. Photo de Buck et Blanche Barrow. L’évènement a lieu dans la ville de Joplin, où Clyde et sa bande se cachent dans un garage pour quelques semaines. Là -bas, les gangsters en profitent pour se reposer et braquer quelques boutiques. Leur présence attire toutefois l’attention du voisinage, qui pense avoir affaire à des bootleggers. Ne se rendant pas compte que la police les surveille à ce moment-là , les malfrats poursuivent tranquillement leur train de vie. Buck et Blanche Barrow, toujours aux côtés des bandits, vont être alors pris au piège. Le 13 avril 1933 au matin, les forces de l’ordre mène un raid contre les gangsters. Aussitôt une fusillade éclate. Les frères Barrow et Jones ouvrent le feu tuant immédiatement 2 agents de police ! Étant mal armés, les policiers n’arrivent à tirer que par 14 reprises. Dont une qui touche Jones à l’abdomen. Pris de court, les gangsters arrivent quand même à prendre la fuite. Mais laissent toutefois derrière eux de multiples affaires, incluant Des documents au nom de Buck et Blanche Barrow De nombreuses armes à feu Un poème écrit par Bonnie Et une caméra avec plusieurs rouleaux de film non développé Pour Buck et sa femme, le mal est fait. La police, en voyant leurs noms apparaître sur les documents laissés dans la cachette, les identifie comme des membres du gang Barrow. La cache du gang Barrow pendant leur séjour à Joplin. Une des photos trouvées après la fuite des bandits à Joplin, où l’on voit Bonnie Parker posée avec un cigare et une arme. La tragique fusillade de Platte City Le gang Barrow, avec l’arrivée forcée de Buck et Blanche, compte à présent 5 membres. Toujours en fuite, les bandits poursuivent leurs braquages de banques dans le but de pouvoir se nourrir et se vêtir. Jusque-là miraculés, Clyde et Bonnie s’en sont toujours sortis avec les forces de l’ordre. Et ce, pour 2 raisons. La première est que le couple criminel, jusqu’ici, ne faisait pas l’objet d’une poursuite organisée. Aucune coopération n’existait entre les autorités des États en effet à ce moment-là , ce qui rendait leur traque plus difficile. La deuxième s’explique, quant à elle, par le manque d’équipements des policiers au moment de rencontrer la bande de Bonnie and Clyde. Ce qui donnait souvent aux bandits un énorme avantage. Mais tout cela allait changer le 18 juillet 1933, à Platte City. De passage dans un motel de la ville, Clyde et sa bande s’y rendent pour se reposer quelque temps. Les fugitifs réservent là -bas une chambre pour 3 personnes, bien qu’ils soient 5 en vérité. Suspicieux, le propriétaire du motel n’est alors pas dupe, il comprend très vite que quelque chose de bizarre se trame. Des suspicions qui se confirment d’ailleurs en voyant la voiture des gangsters garée en marche arrière dans le garage une technique alors très courante chez les criminels de l’époque qui voyaient là un moyen d’échapper plus rapidement à la police. Le motel dans lequel les gangsters ont séjourné à Platte City. Le gang Barrow, sans se douter de rien, séjournent donc dans ce motel relativement confortable. Sans le vouloir, ils vont en fait se jeter dans la gueule du loup… Le motel dans lequel ils se trouvent est en réalité un lieu de rassemblement pour les policiers locaux et les agents de la patrouille routière. Le propriétaire du motel, toujours aussi méfiant, en profite alors pour les informer de la situation il les décrit physiquement et donne même leur plaque d’immatriculation. Conscients qu’il pourrait très bien s’agir du gang Barrow, les policiers mettent leur cabine sous surveillance et se préparent à attaquer. Cette fois-ci, ils ne comptent pas refaire la même erreur que leurs confrères. Ils s’arment en conséquence et se préparent à mener un raid ultime? contre Clyde et son clan. L’opération débute le 20 juillet 1933, à 1h du matin. 13 agents de police, lourdement armés, sont envoyés à Platte City pour coincer Bonnie and Clyde et leurs associés. Le raid commence lorsqu’un des agents toque à la porte de leur appartement. Blanche, réveillée de sursaut, demande aussitôt l’identité du visiteur, qui lui répond en hurlant “Police, ouvrez !”. Une minute plus tard, le gang Barrow ouvre le feu. S’en suit une fusillade opposant une troupe de 13 policiers à 5 gangsters. À armes égales, les deux camps se rendent coup pour coup. Pendant ce temps, Clyde réussit à se rendre dans le garage pour démarrer la voiture. Très vite accompagné par Bonnie et Jones. Blanche et Buck, quant à eux, doivent passer par la porte principale s’ils veulent se rendre au garage. La démarche, particulièrement périlleuse, pourrait facilement les exposer au feu des policiers. N’ayant pas le choix, le couple prend ses jambes à son cou et court à toute vitesse vers la voiture où le reste du gang les attend. Sauf que cela ne se passe évidemment pas comme prévu. Buck, en plein de milieu de sa course, se prend une balle dans la tempe gauche, fracassant une partie de son crâne et exposant son cerveau. Blanche, sous le choc, vient immédiatement à sa rescousse en le trainant jusqu’à la voiture, pendant que Jones effectue un tir de couverture de son côté. Une fois au complet, les gangsters s’empressent de prendre la fuite. La voiture, dans laquelle ils se trouvent, commence alors à se remplir de sang. Buck était entre la vie et la mort. Une fuite qui fait mal… La cavale des 5 gangsters après la fusillade de Platte City commence mal… Clyde passe plusieurs heures à trouver la bonne route pour semer les policiers. Pendant ce temps, son grand frère Buck lutte pour rester en vie. Sa femme, Blanche, essaye tant bien que mal de lui presser le trou dans sa tête. Malheureusement, il semble condamné, son sang se répand abondement. Plus tard dans la nuit, Clyde réussit enfin à trouver un endroit où le gang pourrait respirer. L’endroit en question est un parc boisé situé à côté de la ville de Dexter. Là -bas, le gang établit un petit campement. Clyde et Jones entreprennent de creuser la tombe de Buck. Pour eux, il n’ a aucune chance de survivre. Pourtant, Buck s’accroche toujours à la vie et arrive même parfois à échanger avec le reste du groupe malgré sa grave blessure. Bonnie and Clyde en train de camper date et contexte non connus, image d’illustration. Pensant être tranquille dans ce parc, les gangsters déchantent très vite. Lors de sa cueillette de mûres, un fermier du coin découvre en effet, pas loin de leur campement, des bandages et des coussins de sièges ensanglantés et brûlés. Suite à cette sinistre trouvaille, les policiers sont dès lors immédiatement mis au courant. Conscients qu’il pourrait très probablement s’agir du gang Barrow, les autorités s’apprêtent donc à attaquer. L’assaut est prévu pour l’aube. 10 policiers ainsi que de nombreux habitants de Dexter la ville avoisinante du parc s’arment pour mettre fin à la cavale des célèbres fugitifs. 24 juillet 1933, 5 heures du matin. Jones, levé avant tout le monde, grille au feu quelques hot-dogs pour le petit déjeuner. Clyde, en train de dormir, est réveillé par des craquements de branches qui le font immédiatement sursauter. Le chef du gang Barrow lance le cri d’alerte. Un assaut est lancé contre la bande. La troupe de policiers ainsi que les habitants de Dexter ouvrent le feu, suivie très vite d’une riposte des gangsters. Clyde et Jones, déjà touchés par les balles, sont pris de surprise. Ils tentent de prendre la fuite en voiture avec le reste du gang, mais sont toutefois vite pris au piège. Voyant les bandits se diriger vers les véhicules, les policiers tirent en leur direction afin d’empêcher toute éventuelle fuite. Étant contraints de continuer à pied, les gangsters poursuivent leur cavale en traversant une rivière qu’ils aperçoivent en bas d’une colline. À cet instant, Clyde doit face à une terrible décision aider son frère Buck immobilisé au sol ou sauver le reste du gang, à savoir lui, Bonnie et Jones Blanche étant restée au côté de son mari. Les choses allant très vite, il prend la décision d’abandonner Buck et Blanche qui se font capturer par les troupes derrière eux. Toujours en fuite, Bonnie, Clyde et Jones s’empressent de trouver une voiture pour déguerpir. Poursuivis par la troupe d’assaillants, ils en repèrent une chez un fermier pas loin du parc. Encore une fois, les malfaiteurs réussissent à prendre la fuite, mais à quel prix ? Suite à leur capture, Buck meurt quelque temps plus tard en succombant à ses blessures, quant à sa femme Blanche, elle écope d’une peine de 10 ans de prison. Le gang semblait clairement proche de sa fin. Blanche Barrow capturée suite à la fuite du gang au parc de Dexter. Buck Barrow sur son lit de mort quelque temps après sa terrible blessure. Frank Hamer à la poursuite de Bonnie and Clyde Pendant les 6 semaines qui suivent la tragique fuite du parc de Dexter, le gang Barrow ou du moins ce qu’il en reste continue de commettre quelques vols à main armée. Jones, à ce moment-là , préfère en arrêter là . Lui qui aura été jusqu’au bout loyal envers Bonnie and Clyde, s’en va rejoindre sa famille à Houston où il sera ensuite arrêté par la police et condamné à une peine de 15 ans de prison. Photo d’identité judiciaire de William Daniel Jones Jones. Bonnie and Clyde continuent donc leur route à 2. Toujours en cavale, ils vont bientôt être la cible d’un officier de police redoutable. Le Texas ranger, Frank Hamer. Dépêché par la prison texane, il a pour mission de traquer Bonnie and Clyde, morts ou vifs. Ne faisant pas dans la dentelle, Frank est surtout connu pour être un agent de police impitoyable avec les gangsters qu’il rencontre. On lui crédite notamment 53 meurtres et 17 blessés à lui tout seul. Pour mener à bien cette mission, Frank essaye alors, du mieux possible, de se mettre à la place des fugitifs. Il essaye notamment de connaître leurs habitudes, leur façon de penser et d’agir. Il examine également leurs mouvements afin de comprendre comment Bonnie and Clyde se déplacent. Après avoir passé plusieurs semaines à les traquer, le ranger ne parviennent finalement pas à les coincer. Jusqu’au jour où une aide venue de nulle part leur facilitent la tâche… Portrait de Frank Hamer. Une trahison qui sonne le début de la fin Quelques mois après la fusillade de Platte City, Bonnie and Clyde accueille un nouveau membre dans le gang Henry Methvin, un jeune braqueur de banques. Ensemble, les gangsters volent des armureries dans lesquelles ils récupèrent plusieurs fusils et munitions. Avec ces derniers, ils effectuent d’ailleurs un braquage de banques qui leur rapporte près de 4,138$ l’équivalent de 52 000€ actuels. Agé de 22 ans au moment de rejoindre le gang Barrow, Henry Methvin est très apprécié par Clyde qui lui donne toute sa confiance tout comme Bonnie d’ailleurs. Discret et docile, il est l’acolyte idéal pour le couple criminel. Cette confiance aveugle allait pourtant leur jouer des mauvais tours… Henry a en effet l’intime conviction que Bonnie and Clyde sont sur le point de se faire tuer. Ne voulant pas suivre le même destin, il décide dès lors de sauver sa peau. Pour cela, lui et son père collaborent avec le sheriff Henderson Jordan dans le but de coincer le célèbre couple de gangsters. Le deal est le suivant en échange d’informations précieuses sur l’itinéraire de Bonnie and Clyde qui résulteraient en leur capture, la justice offrirait à Henry Methvin une amnistie totale. Acceptée par le sheriff, cette demande sonnait alors le début de la fin du couple de meurtrier. Henry Methvin lors d’une photo d’identité judiciaire. L’élaboration du plan pour coincer Bonnie and Clyde Frank Hamer, avec l’aide précieuse de Henry Methvin, a désormais toutes les cartes en main pour capturer Bonnie and Clyde. Avec sa troupe de 6 rangers, il élabore un plan pour les arrêter. Ce dernier se déroulerait de la manière suivante Attendre l’arrivée de Bonnie and Clyde à Bienville Parish ville dans laquelle la famille de Henry Methvin habite, et où le couple leur rend parfois visite Se cacher dans des buissons à l’entrée de la ville près d’une route rurale peu fréquentée dans le but de les cueillir. Prétexter une panne de voiture avec l’aide du père de Henry Methvin, pour que le couple lui vienne au secours et stoppe leur voiture Sortir de la cache et ordonner aux gangsters de se rendre Frank Hamer tout à droite et son escouade. Attendant patiemment le signal qui leur permettrait de commencer l’embuscade, les hommes de Hamer se tiennent donc prêts. L’appel est donné le mardi 22 mai 1934. D’après les informations de Henry Methvin, Bonnie and Clyde devraient arriver le lendemain matin à 9h. Ce jour-là , Henry s’absente sous prétexte de rendre visite à un cousin. Seuls à présent dans la voiture, Bonnie and Clyde, se rendent alors à Bienville Parish pour rendre visite à la famille Methvin. En empruntant la route rurale dans laquelle Frank Hamer et ses hommes se cachent, le couple ne se rend pas compte à ce moment-là du piège qui les attend. L’embuscade et la fin du couple criminel Mercredi 23 mai 1934, 9h15. Une voiture s’approche au loin à toute vitesse vers le guet-apens orchestré par les hommes de Frank Hamer. Il n’y avait pas de doute, c’était bien le couple criminel le plus recherché des États-Unis Bonnie and Clyde. Comme prévu, le père de Henry Methvin est sur le bord de la route avec sa voiture prétendument en panne. Lorsque Bonnie and Clyde s’approchent du véhicule, ils ralentissent. Hamer et son équipe, cachés dans la verdure, peuvent alors enfin apercevoir le visage de Clyde derrière le volant et celui de Bonnie à ses côtés. Mais lorsque la voiture des gangsters est sur le point de s’arrêter, un des hommes de Hamer ouvre le feu sans ordre préalable ! Tuant instantanément Clyde d’une balle dans la tête. N’ayant pas eu l’occasion de demander leur reddition, Frank Hamer et sa troupe lance alors l’embuscade. Sous les cris de terreur de Bonnie qui voit son compagnon inerte, les officiers de police fusillent le véhicule de 150 balles. C’était la fin de partie pour les gangsters… Lorsque la nouvelle de leur mort se répand, des milliers de personnes s’agglutinent autour de leurs dépouilles, en direction du médecin légiste. Des fanatiques essayent alors d’arracher des souvenirs, tels que des morceaux de vêtements ensanglantés, des cheveux voire une oreille. La cavale de Bonnie and Clyde prenait donc fin. Tout le contraire de leur héritage qui ne faisait que commencer… Reproduction de la fusillade qui a mené à la mort de Bonnie and Clyde, suivi de vraies images montrant leurs corps après l’attaque âmes sensibles s’abstenir 🚫. Bonnie and Clyde, une histoire ancrée dans la légende Bonnie and Clyde, avec leur histoire de criminels hors norme, ont marqué l’esprit de milliers d’Américains avec leur cavale rocambolesque. À une époque où la Grande Dépression frappait de plein fouet, leur histoire a eu au moins le mérite de divertir une population qui en avait bien besoin. En se penchant sur leur vécu, nous avons ainsi appris que leur image était en réalité bien loin de ce que le cinéma a l’habitude de représenter. Leur histoire, plus proche du crime que de la romance, nous fait donc retenir les nombreux braquages, les meurtres au nombre de 13 et une carrière de gangsters relativement mitigée. En effet, Bonnie and Clyde ne menait pas la belle vie contrairement à ce que beaucoup croient. Leurs casses leur rapportaient généralement peu et ne leur permettaient juste de quoi survivre la plupart du temps. Loin derrière des gangsters confirmés de leur époque tels que John Dillinger ou Pretty Boy Floyd qui les méprisaient d’ailleurs, on retiendra finalement d’eux le contraste saisissant entre une histoire d’amour touchante et une vie de brigands impitoyables. Sources Films et séries sur Bonnie and Clyde Films 🎬 The Highwaymen 2019 Bonnie and Clyde 1967 Bonnie and Clyde 1958 Séries 📺 Bonnie and Clyde 2013 Bonnie & Clyde, la véritable histoire 1992 Vidéo sur la vie de Bonnie and Clyde
bonnie and clyde histoire d amour